Thermolaquage et anodisation poursuivent le même objectif, protéger et embellir l'aluminium, mais par deux voies opposées : l'un ajoute une couche à la surface du métal, l'autre transforme la surface du métal elle-même.
Le thermolaquage : une peinture en poudre cuite au four
Le thermolaquage consiste à déposer une peinture en poudre polyester par pulvérisation électrostatique sur le profilé aluminium, préalablement dégraissé et converti chimiquement. La poudre est ensuite cuite au four à haute température, ce qui la fait fondre et polymériser en une couche continue et adhérente. Ce procédé est encadré par la norme européenne NF EN 12206-1 et par le label volontaire Qualicoat, qui impose une épaisseur minimale de 60 µm en moyenne sur les faces vues, sans aucune mesure inférieure à 48 µm. Qualicoat distingue plusieurs niveaux de tenue : la classe 1, standard, garantie constructeur de l'ordre de 10 ans, et la classe 2, à haute durabilité, dont les liants et pigments sont au moins trois fois plus résistants aux UV et aux intempéries, avec une garantie pouvant atteindre 25 ans. Une mention complémentaire, souvent désignée Seaside, ajoute un prétraitement renforcé pour les ambiances marines : c'est ce niveau supplémentaire qu'il faut avoir en tête derrière l'idée d'une "classe 3", même si la nomenclature Qualicoat officielle ne l'affiche pas toujours sous ce numéro exact.
L'anodisation : une oxydation électrolytique intégrée au métal
L'anodisation ne dépose rien à la surface de l'aluminium : elle provoque, par électrolyse dans un bain acide, l'épaississement contrôlé de la couche d'oxyde naturel du métal (l'alumine). Cette couche fait donc partie intégrante du profilé, elle ne peut ni s'écailler ni se décoller comme une peinture. Le procédé est encadré par la norme européenne NF EN 12373-1 et par le label Qualanod, qui définit des classes d'épaisseur : 15 µm pour une anodisation courante en extérieur, 20 µm pour une ambiance corrosive marine ou industrielle, et 25 µm pour les environnements les plus agressifs. Les teintes obtenues restent des variations du métal lui-même : naturel argenté satiné, bronze clair à foncé, ou noir profond obtenu par un colmatage électrolytique complémentaire.
Notre article La technique de l'aluminium détaille les propriétés du métal qui rendent ces deux traitements de surface possibles, notamment sa capacité naturelle à former une couche d'oxyde protectrice.