Comment rédiger un CCTP menuiseries aluminium performant : les exigences incontournables
Guide expert architecte : rédiger un CCTP performant pour vos menuiseries aluminium, RE2020, FDES, clauses CCTP et bonnes pratiques.
Un CCTP de menuiseries aluminium bien rédigé est la première garantie d'un chantier réussi, d'un AO compétitif et d'un ouvrage durable. À l'inverse, un CCTP imprécis ouvre la porte aux variantes incontrôlées, aux moins-disant techniques, aux litiges en exécution et aux sinistres post-réception. Pour avoir lu plusieurs centaines de Cahiers des Clauses Techniques Particulières en phase DCE chaque année, nous avons identifié les pièges récurrents, les formulations efficaces et les exigences vraiment discriminantes. Ce guide vous détaille la structure type, les performances à exiger, les pièges à éviter et 6 modèles de clauses prêtes à l'emploi pour vos prochains projets.
Le CCTP (Cahier des Clauses Techniques Particulières) est la pièce écrite qui décrit avec précision les ouvrages à réaliser, les matériaux à mettre en œuvre et les performances à atteindre pour un lot donné d'un marché de travaux. Pour les menuiseries aluminium, il constitue le document de référence opposable à l'entreprise titulaire en cas de litige et la base technique de comparaison des offres en phase d'analyse.
Définition et place dans le DCE
Le CCTP fait partie du DCE (Dossier de Consultation des Entreprises) qui réunit les pièces administratives (CCAP, RC, AE) et techniques (CCTP, plans, DPGF, étude de sols). Il est élaboré en phase PRO (Projet) par l'architecte ou un économiste de la construction, à partir des données issues du BE thermique (performance énergétique), du BE structure (charges et tolérances) et des prescriptions architecturales.
Selon la définition réglementaire en marché public, le CCTP regroupe « les stipulations qui décrivent les ouvrages à réaliser et les conditions techniques de leur exécution ». En marché privé, il garde la même fonction documentaire avec parfois une appellation alternative (DPT, descriptif technique).
CCTP vs CCAP vs DPGF vs DGD : ne pas confondre
Quatre documents distincts coexistent dans un marché de travaux, et leur confusion est l'une des erreurs les plus fréquentes en phase Études :
CCTP : pièce technique détaillant les ouvrages
CCAP : Cahier des Clauses Administratives Particulières (pénalités, délais, modalités de paiement)
DPGF : Décomposition du Prix Global et Forfaitaire (cadre de prix quantifié à compléter par l'entreprise)
DGD : Décompte Général Définitif (document de fin de marché, hors DCE)
Pourquoi un CCTP performant est un levier qualité majeur
Un CCTP rigoureux remplit quatre fonctions essentielles :
✅ Comparer les offres équitablement : seul un CCTP précis permet d'éviter les écarts injustifiés liés à des interprétations divergentes
✅ Sécuriser la qualité finale : il oppose au titulaire des exigences techniques opposables en réception
✅ Maîtriser le coût en exécution : il évite les avenants pour omissions du marché initial
✅ Engager la responsabilité décennale sur les bons termes : ce qui n'est pas écrit dans le CCTP est difficile à invoquer en cas de sinistre
Les conséquences d'un CCTP imprécis
À l'inverse, un CCTP imprécis génère systématiquement des problèmes en exécution :
❌ Variantes non sollicitées par les entreprises (à la baisse de qualité)
❌ Mise en concurrence faussée par mots-clés imprécis
❌ Avenants nombreux pour ajustements techniques en cours de chantier
❌ Litiges sur l'interprétation des clauses ambiguës
Un CCTP performant suit une structure normée qui facilite à la fois sa rédaction par l'architecte/économiste et son analyse par les entreprises soumissionnaires. Voici le plan-type que nous recommandons sur la base de plusieurs centaines de marchés analysés.
Préambule et généralités
Le préambule pose le cadre du marché : nom du projet, maître d'ouvrage, maître d'œuvre, objet du lot, type de procédure (MAPA, AO ouvert, AO restreint). Il précise également :
La consistance générale des travaux
L'obligation de visite préalable du site
L'obligation de prendre connaissance de l'ensemble des pièces du DCE
Le principe de présomption de compétence et d'expérience de l'entreprise
Documents contractuels et normes applicables
Cette section liste par ordre de priorité décroissante les textes opposables : pièces particulières (CCTP, plans), pièces générales (CCAG-Travaux, CCTG-Travaux), DTU, normes NF EN, Eurocodes, règles professionnelles. Il est essentiel de citer les indices et dates des normes les plus récentes.
Limites de prestation et coordination autres lots
C'est l'une des sections les plus sensibles car elle conditionne la qualité des interfaces. Pour un lot menuiseries aluminium, les coordinations à expliciter sont :
✅ Gros œuvre : réservations, tolérances, supports de pose
✅ Étanchéité : raccordement périphérique, traitement des appuis
✅ Isolation par l'extérieur (ITE) : continuité de l'enveloppe thermique
✅ Électricité : motorisation des protections solaires, contrôle d'accès
✅ Plâtrerie : précadres, finitions des tableaux et linteaux
✅ Peinture : reprises et finitions des couvre-joints
✅ Charpente / serrurerie : interfaces avec garde-corps, pare-soleil
Cœur du CCTP, cette section décrit chaque ouvrage par menuiserie ou par typologie : profilés, performances, vitrages, quincailleries, finitions, conditions de mise en œuvre. C'est ici que se joue 80 % de la qualité finale.
Documents à fournir par l'entreprise
Le CCTP liste les livrables documentaires attendus avant et pendant l'exécution : plans d'atelier, notes de calcul, procès-verbaux, FDES, certificats. Cette section sécurise la traçabilité qualité.
Modalités de réception et garanties
Cette dernière section précise les conditions de réception (essais d'étanchéité, contrôle visuel, conformité aux prototypes), la levée des réserves et les garanties applicables (parfait achèvement, biennale, décennale).
Chapitre CCTP
Contenu attendu
Caractère
1. Généralités et préambule
Objet, maître d'ouvrage, consistance, visite
Obligatoire
2. Documents contractuels et normes
DTU, NF EN, Eurocodes, règles pro
Obligatoire
3. Limites de prestation
Coordination autres corps d'état
Obligatoire
4. Prescriptions techniques générales
Matériaux, finitions, mise en œuvre
Obligatoire
5. Prescriptions techniques particulières
Description ouvrage par ouvrage
Obligatoire
6. Documents à fournir
Plans atelier, notes calcul, PV, FDES
Obligatoire
7. Réception et garanties
Essais, levée réserves, garanties
Recommandé
8. Annexes (carnets de détails)
Coupes types, plans calepinage
Recommandé
Les références normatives à citer
Un CCTP qui ne s'appuie pas sur le corpus normatif applicable n'est tout simplement pas opposable techniquement. Voici les références à intégrer impérativement.
NF DTU 36.5 : pose des menuiseries extérieures
Le NF DTU 36.5 (édition 2010, mises à jour ultérieures) est la référence française pour la mise en œuvre des fenêtres, portes-fenêtres, blocs-baies et façades légères dans des baies maçonnées ou ossatures bois. Il se décompose en trois parties :
Partie 1-1 (CCT) : Cahier des Clauses Techniques
Partie 1-2 (CGM) : Critères Généraux de choix des Matériaux
Partie 2 (CCS) : Cahier des Clauses Spéciales
Partie 3 (FD P 20-202-3) : mémento de choix des fenêtres en fonction de leur exposition
La citation obligatoire dans le CCTP : « La pose sera conforme au NF DTU 36.5 P1-1 dans son édition en vigueur à la date de signature du marché. »
NF EN 14351-1 : norme produit fenêtres et portes
La NF EN 14351-1 est la norme produit harmonisée qui définit les caractéristiques de performance des fenêtres et portes extérieures pour piétons, et constitue la base du marquage CE obligatoire. Toute fenêtre ou porte mise sur le marché européen doit faire l'objet d'une Déclaration de Performance (DdP) établie selon cette norme.
Le CCTP doit exiger systématiquement la fourniture de la DdP avec le marquage CE attestant des performances déclarées (AEV, Uw, Rw, résistance aux chocs, durabilité).
NF DTU 33.1 : façades rideaux et semi-rideaux
Pour les murs-rideaux et façades légères, c'est le NF DTU 33.1 qui s'applique (et non le DTU 36.5). Il couvre les façades rideaux, semi-rideaux et façades panneaux mises en œuvre dans des conditions d'exposition pour lesquelles la pression à l'État Limite de Service est ≤ 1 200 Pa.
D'autres normes doivent être citées selon les ouvrages :
NF EN 12207 : Perméabilité à l'air
NF EN 12208 : Étanchéité à l'eau
NF EN 12210 : Résistance au vent
NF EN 1670 : Quincaillerie - Résistance à la corrosion
NF EN 13501-1 et 13501-2 : Classement feu (réaction et résistance)
NF EN 1627 à 1630 : Anti-effraction (classes CR1 à CR6)
NF P 24-351 : Protection contre la corrosion (atmosphère et environnement)
NF DTU 39 : Travaux de vitrerie-miroiterie
Norme CEKAL : certification des vitrages isolants (label MR pour menuiseries renforcées)
Textes RE2020 et réglementations associées
Pour tout projet neuf, le CCTP doit citer :
Décret n°2021-1004 du 29 juillet 2021 relatif aux exigences RE2020
Arrêté du 4 août 2021 précisant les modalités de calcul
NF EN 15804+A2:2019 pour les FDES
Code de la construction et de l'habitation (CCH) pour l'accessibilité, la sécurité, l'incendie
Typologie menuiserie
Norme produit
DTU mise en œuvre
Normes complémentaires
Fenêtre / porte-fenêtre alu
NF EN 14351-1
NF DTU 36.5
NF EN 12207/12208/12210, NF EN 1670
Mur-rideau alu
NF EN 13830
NF DTU 33.1
NF EN ISO 12631, Cahier CSTB 3488-V2 (VEC)
Porte d'entrée vitrée alu
NF EN 14351-1
NF DTU 36.5
NF EN 1670, NF EN 1627 (si CR exigé)
Porte issue de secours
NF EN 14351-1
NF DTU 36.5
NF EN 179 / 1125 (organes manœuvre)
Verrière / lanterneau
NF DTU 39
NF DTU 39
NF DTU 39 P4, règles vitrage incliné
BSO / protection solaire
NF EN 13561
NF DTU 34.4
NF EN 13659
Les performances à exiger : la grille de prescription
C'est la section la plus stratégique du CCTP. Une grille de performances bien calibrée permet à la fois de sécuriser la qualité et de comparer équitablement les offres.
Performance thermique (Uw, Uf, Ug, Ucw, Sw, TLw)
La performance thermique doit être prescrite par baie ou par typologie, pas en valeur moyenne projet. Les coefficients à exiger :
Uw : coefficient global de la fenêtre (W/m².K), valeur cible RE2020 ≤ 1,4 W/m².K en alu
Uf : coefficient du cadre, valeur cible ≤ 2,4 W/m².K
Ug : coefficient du vitrage, valeur cible ≤ 1,1 W/m².K (double) ou ≤ 0,7 W/m².K (triple)
Ucw : coefficient global d'un mur-rideau (ne pas confondre avec Uw)
Sw : facteur solaire, à moduler par orientation (0,30 à 0,55)
TLw : transmission lumineuse, valeur cible ≥ 0,50
Performance air-eau-vent (classement AEV NF EN 14351-1)
Le classement AEV est l'indicateur fondamental de durabilité. Il doit être adapté à la zone climatique, la hauteur de bâtiment et l'exposition. Pour la majorité des projets en Hauts-de-France :
Logement courant en zone urbaine : A3 E7B V*A2 minimum
L'indice d'affaiblissement acoustique Rw s'exprime en décibels (dB). Il est généralement complété par les termes correctifs C (bruit rose) et Ctr (bruit de trafic). Les valeurs cibles :
Bâtiment à exigence forte (hôpital, auditorium) : Rw + Ctr ≥ 42 dB
Résistance mécanique et anti-effraction (CR1 à CR6)
Pour les bâtiments tertiaires ou ERP exposés à un risque d'effraction, prescrire un classement CR (Burglar Resistance) selon la série NF EN 1627-1630 :
Habillages et finitions : couvre-joints, bavettes, appuis
Pour approfondir les protections solaires, consultez nos articles sur le brise-soleil et le store zip.
Comment formuler la prescription : règles essentielles
La rédaction technique d'un CCTP obéit à des règles précises issues notamment du Code de la commande publique. Leur méconnaissance peut entraîner l'invalidation de la procédure.
La clause "ou équivalent" : obligation et bonnes pratiques
En marché public, l'article R. 2111-7 du Code de la commande publique interdit de désigner une marque, un brevet ou une référence commerciale sans la mention "ou équivalent". Cette obligation vise à garantir l'égalité de traitement des candidats et à éviter les marchés "fléchés".
Bonne pratique : citer 2 à 4 gammes commerciales équivalentes appartenant à des gammistes différents, suivies de la mention « ou équivalent technique ». Exemple :
« Gamme Soleal 65 de chez Technal, Wicline 75 evo de chez Wicona, AWS 75 SI+ de chez Schüco, SlimLine 38 de chez Reynaers, ou équivalent technique justifié par PV d'essais. »
Cette formulation sécurise juridiquement la prescription tout en cadrant le niveau de qualité attendu.
Désignation des gammes commerciales
Citer des gammes commerciales n'est pas un acte anodin. Les bonnes pratiques :
✅ Toujours citer au moins 3 gammistes différents pour démontrer la mise en concurrence
✅ Vérifier les performances équivalentes des gammes citées (Uw, AEV, Rw)
✅ Mentionner l'année de la gamme quand elle est récente (ex : Wicline 75 evo et non Wicline 75)
❌ Ne jamais citer un seul gammiste, même avec "ou équivalent"
❌ Ne jamais citer une référence obsolète (anciennes gammes plus produites)
Description fonctionnelle vs description prescriptive
Le CCTP peut combiner deux logiques rédactionnelles :
Description fonctionnelle : "fenêtre devant permettre un nettoyage par l'intérieur, garantir un débit de fuite < 0,6 m³/h.m², résister à un vent extrême de 90 daN/m²…"
La description fonctionnelle est souvent plus efficace pour permettre l'innovation et ouvrir le marché à de nouvelles solutions techniques. Elle doit cependant être chiffrée et vérifiable.
Variantes : les autoriser ou non ?
Le règlement de la consultation (RC) doit explicitement autoriser ou interdire les variantes :
Variantes interdites : sécurise la comparaison des offres mais limite l'innovation
Variantes autorisées : ouvre à des propositions techniques alternatives, à condition que les exigences minimales du CCTP soient respectées
Variantes imposées : l'entreprise doit chiffrer la solution de base + une ou plusieurs variantes prédéfinies
Recommandation : autoriser les variantes avec cahier des charges précis sur les éléments substantiels (performance, esthétique) ; les refuser sur les éléments accessoires (quincaillerie, finition).
Les documents à exiger en phase exécution
Le CCTP doit lister précisément les livrables documentaires attendus de l'entreprise titulaire. C'est ce qui sécurise la traçabilité qualité et la responsabilité décennale.
✅ Plans d'atelier et calepinage : remis pour validation à l'architecte 4 à 6 semaines avant fabrication
✅ Notes de calcul vent selon NF EN 1991-1-4 (Eurocode 1) avec pression de référence du site
✅ Notes de calcul thermique selon NF EN ISO 10077-1 (fenêtres) ou NF EN ISO 12631 (murs-rideaux)
✅ Procès-verbaux d'essais AEV selon NF EN 12207, 12208, 12210 (en cours de validité)
✅ Procès-verbaux d'essais acoustiques selon NF EN ISO 10140-2
✅ PV feu selon NF EN 1364 (pour menuiseries CF/PF)
✅ PV anti-effraction selon NF EN 1627 (pour menuiseries CR)
✅ Avis Techniques (ATec) ou DTA du CSTB en cours de validité
✅ Déclaration de Performance (DdP) avec marquage CE selon NF EN 14351-1
✅ FDES vérifiées INIES (obligatoires pour RE2020)
✅ Certificats CSTBat, Acotherm ou équivalents
✅ Prototype taille réelle pour validation esthétique et technique
✅ Échantillon de finition validé avant lancement de production
L'exigence d'un prototype taille réelle est l'un des outils les plus puissants pour fiabiliser la qualité. Il permet de valider la finition, le calepinage, la quincaillerie et de lever les ambiguïtés du CCTP avant la production série.
Les 10 pièges les plus fréquents dans un CCTP
Ces pièges sont identifiés à partir de l'analyse de plusieurs centaines de CCTP en phase DCE et en exécution :
❌ Confondre Uw et Ucw : Uw pour les fenêtres, Ucw pour les murs-rideaux (norme et calcul différents)
❌ Ne pas définir les limites de prestation : qui prend en charge le précadre, l'étanchéité périphérique, l'habillage tableau ?
❌ Oublier la zone climatique et la zone de vent : prescrire un AEV adapté à Lille n'a aucun sens si on est à Marseille
❌ Prescrire un classement AEV inadapté : sur-spécification (coût inutile) ou sous-spécification (sinistres)
❌ Omettre les FDES en RE2020 : pénalité automatique des DED ×1,5 à ×3 sur l'Ic Construction → risque de non-conformité
❌ Désigner une seule marque sans "ou équivalent" : invalide en marché public
❌ Ne pas exiger les prototypes : risque d'écart esthétique majeur en livraison
❌ Oublier l'accessibilité PMR : seuils, hauteurs de poignées, efforts de manœuvre (cf. arrêté du 8 décembre 2014)
❌ Négliger les coffres de volets roulants : 30 % de déperditions des baies vitrées en RE2020
Voici six modèles de clauses rédigés selon les bonnes pratiques 2026, à adapter à votre projet et à compléter par les performances spécifiques requises. Cliquez sur chaque typologie pour dérouler le modèle complet.
1.x — Fenêtre aluminium à frappe
Fourniture, façonnage, pose et fixation de fenêtre aluminium à frappe (oscillo-battant, à la française ou italienne selon plans architecte). Gamme Soleal 65 de chez Technal, Wicline 75 evo de chez Wicona, AWS 75 SI+ de chez Schüco, SlimLine 38 de chez Reynaers, ou équivalent technique justifié par PV d'essais.
Profilés en alliage d'aluminium 6060 ou 6063 qualité bâtiment, extrudés, à rupture de pont thermique polyamide armée de fibres de verre, profondeur ≥ 24 mm. Finition par laquage Qualicoat classe 2 (épaisseur ≥ 60 μm), teinte RAL au choix de l'architecte. Pour les zones d'exposition côtière, label Qualicoat Seaside obligatoire.
Performance thermique : Uw ≤ 1,4 W/m².K justifié par certificat CSTBat ou note de calcul selon NF EN ISO 10077-1. Uf ≤ 2,4 W/m².K. Sw modulé selon orientation (cf. plan de calepinage). TLw ≥ 0,50.
Classement AEV : minimum A*4 E*7B V*A2 selon NF EN 14351-1.
Performance acoustique : Rw + Ctr ≥ 32 dB (ou selon étude acoustique projet).
Vitrage : double vitrage isolant CEKAL composition 4/16/4 argon faible émissivité, intercalaire warm edge, Ug ≤ 1,1 W/m².K. Vitrage de sécurité (feuilleté 44.2) en cas de risque de chute conformément à la NF DTU 39 P5.
Quincaillerie : oscillo-battant à crémone multipoints, ferrage conforme à la NF EN 1670 classe 4 minimum, visserie en acier inoxydable A2.
Empreinte carbone : alliage Hydro CIRCAL 75R (≤ 2,3 kgCO₂eq/kg) ou équivalent bas carbone justifié.
Documents à fournir : DdP marquage CE, FDES vérifiée INIES, certificat CSTBat, note de calcul vent et thermique, PV AEV en cours de validité, prototype taille réelle pour validation avant fabrication.
2.x — Baie coulissante aluminium
Fourniture et pose de baie coulissante aluminium levante-coulissante ou à galandage selon plans. Gamme Lumeal de chez Technal, Wicslide 160 evo de chez Wicona, ASE 80.HI de chez Schüco, HiFinity de chez Reynaers, ou équivalent technique.
Profilés en alliage 6060/6063 qualité bâtiment à rupture de pont thermique ≥ 24 mm. Module visible montant central ≤ 35 mm (gamme minimaliste si exigée par plans).
Classement AEV : minimum A*3 E*7B V*A2 selon NF EN 14351-1.
Vitrage : double vitrage isolant CEKAL 6/18/44.2 argon, intercalaire warm edge. Vitrage feuilleté 44.2 obligatoire en allège inférieure à 1,00 m.
Quincaillerie : levant-coulissant motorisé (option) ou manuel selon plans. Fermeture multipoints avec condamnation par barillet européen. Roulettes acier inox haute charge.
Protection solaire : intégration BSO motorisé en coffre avec centralisation domotique (cf. lot électricité pour alimentation).
Documents à fournir : idem fenêtre standard + note de calcul charges spécifique (poids vantail).
Fourniture et pose de porte d'entrée aluminium à 1 vantail (ou 2 selon plans), vitrée ou semi-vitrée, gamme Initial de chez Technal, Wicstyle 65 evo de chez Wicona, ADS 75 SI de chez Schüco, ou équivalent technique.
Profilés en alliage 6060/6063 à rupture de pont thermique ≥ 32 mm. Section dormant et ouvrant 65 à 75 mm.
Performance thermique : Ud ≤ 1,5 W/m².K.
Classement AEV : minimum A*4 E*7B V*A2.
Performance acoustique : Rw + Ctr ≥ 35 dB.
Résistance à l'effraction : classe CR2 selon NF EN 1627 (CR3 si exposition forte) avec vitrage retardateur d'effraction P4A minimum selon NF EN 356.
Quincaillerie : serrure 5 points motorisée avec organigramme intégré, gâche électrique commandée par contrôle d'accès (cf. lot électricité). Charnières renforcées 3 points anti-arrachement.
Accessibilité PMR : seuil ≤ 20 mm, effort de manœuvre ≤ 50 N, hauteur poignée 0,90 à 1,30 m conformément à l'arrêté du 8 décembre 2014.
Fourniture et pose de mur-rideau aluminium type grille (stick system) avec remplissages VEP (Verre Extérieur Parclosé). Gamme GEODE MX52 de chez Technal, WICTEC 50 de chez Wicona, FW50+ de chez Schüco, CW50 de chez Reynaers, ou équivalent technique.
Profilés en alliage 6060 à rupture de pont thermique. Face visible montants/traverses 52 à 65 mm. Mise en œuvre conforme au NF DTU 33.1.
Performance thermique : Ucw ≤ 1,6 W/m².K, justifié par note de calcul selon NF EN ISO 12631 validée CSTB.
Classement AEV : minimum A*4 E*7B V*B3 selon NF EN 13830.
Performance acoustique : Rw ≥ 36 dB.
Résistance aux chocs : NF EN 14019 classe I3 intérieur / I5 extérieur.
Vitrage : double vitrage isolant CEKAL 6/16/44.2 argon, Ug ≤ 1,0 W/m².K. Vitrage feuilleté de sécurité 44.2 en intérieur (allèges).
Ouvrants intégrés : oscillo-battants à ouvrant caché ou visible selon plans, conformes au NF DTU 33.1.
Documents à fournir : DdP, FDES Config'Alu SNFA, ATec ou DTA en cours de validité, notes de calcul vent et thermique, prototype taille réelle pour validation avant fabrication série.
Fourniture et pose de porte issue de secours aluminium, 1 ou 2 vantaux selon plans. Gamme conforme au NF DTU 36.5 et homologuée pour issue de secours selon arrêté du 25 juin 1980 modifié (règlement de sécurité ERP).
Profilés en alliage 6060/6063 à rupture de pont thermique ≥ 32 mm.
Performance feu : si porte coupe-feu requise par les avis du Bureau de Contrôle, classement EI 30 ou EI 60 selon NF EN 13501-2, avec PV d'essai en cours de validité.
Organe de manœuvre : barre anti-panique conforme à la NF EN 1125 (locaux à fort effectif) ou à la NF EN 179 (locaux à effectif limité).
Ferme-porte : conforme à la NF EN 1154, classe 3 minimum, avec freinage et amortissement.
Signalisation : bloc autonome d'éclairage de sécurité (BAES) à charge du lot électricité.
Documents à fournir : DdP, PV feu si exigé, certificat barre anti-panique NF EN 1125, FDES.
Fourniture et pose de brise-soleil orientable motorisé en applique ou en coffre intégré selon plans architecte. Gamme Sunea io de chez Somfy + lames aluminium, Akiver de chez Profalux, Maestro de chez Griesser, C80 de chez Wicona, ou équivalent technique.
Lames : aluminium extrudé, profil 80 mm Z ou plat selon esthétique. Finition laquage Qualicoat classe 2, teinte au choix de l'architecte.
Motorisation : moteur tubulaire avec détection d'obstacle, mémorisation des positions et commande filaire ou radio io-homecontrol.
Centralisation : intégration à la GTB ou à une centrale solaire avec capteur ensoleillement + anémomètre + capteur de pluie.
Résistance au vent : conforme à la NF EN 13659 classe 6 (résistance vent fermé ≥ 90 daN/m²).
Limites de prestation : alimentation électrique en attente au droit de chaque BSO à la charge du lot électricité. Programmation centrale GTB à la charge du lot CFA.
Documents à fournir : DdP, FDES, notice technique constructeur, plan de calepinage par façade, PV vent.
Le CCTP (Cahier des Clauses Techniques Particulières) décrit les ouvrages à réaliser et les exigences techniques opposables à l'entreprise. La DPGF (Décomposition du Prix Global et Forfaitaire) est le cadre de prix quantifié, généralement remis sous forme de tableau Excel, que l'entreprise complète avec ses prix unitaires et totaux. CCTP et DPGF sont complémentaires : le CCTP définit "ce qui doit être fait", la DPGF chiffre "combien ça coûte". Une bonne pratique consiste à structurer la DPGF en miroir du CCTP pour fluidifier l'analyse des offres.
Les DTU essentiels à citer pour un lot menuiseries aluminium sont : le NF DTU 36.5 (mise en œuvre des menuiseries extérieures) pour les fenêtres et portes, le NF DTU 33.1 pour les murs-rideaux et façades légères, le NF DTU 39 pour la vitrerie-miroiterie, et le NF DTU 34.4 pour les fermetures et stores. À ces DTU s'ajoutent les normes produit NF EN 14351-1 (fenêtres et portes) et NF EN 13830 (murs-rideaux), ainsi que les normes performance (NF EN 12207, 12208, 12210 pour l'AEV). Toujours citer "dans leur édition en vigueur à la date de signature du marché" pour éviter les obsolescences.
Non, l'article R. 2111-7 du Code de la commande publique interdit de désigner une marque, un brevet ou une référence commerciale unique sans la mention "ou équivalent". Cette interdiction vise à garantir l'égalité de traitement des candidats et la libre concurrence. La bonne pratique consiste à citer au minimum 3 gammes commerciales équivalentes appartenant à des gammistes différents (Technal, Wicona, Schüco, Reynaers, Kawneer…), suivies de la mention "ou équivalent technique justifié par PV d'essais". Cette formulation sécurise juridiquement la prescription tout en cadrant le niveau de qualité attendu.
Pour exiger une FDES (Fiche de Déclaration Environnementale et Sanitaire) dans un CCTP RE2020, intégrer une clause explicite du type : "Le titulaire devra fournir, pour chaque référence de menuiserie mise en œuvre, la FDES vérifiée et publiée dans la base INIES (www.inies.fr) selon la norme NF EN 15804+A2:2019. Les produits non couverts par FDES vérifiée seront refusés, sauf justification technique acceptée par le maître d'œuvre." Cette formulation évite l'application des Données Environnementales par Défaut (DED), pénalisées par un facteur 1,5 à 3 sur l'Ic Construction, qui peut faire basculer un projet en non-conformité RE2020.
Oui, l'exigence d'un prototype taille réelle est l'un des outils les plus efficaces pour sécuriser la qualité des menuiseries. Le prototype permet de valider la finition (laquage, teinte, calepinage), la quincaillerie, le fonctionnement des ouvrants et de lever les ambiguïtés du CCTP avant la production série. Il est particulièrement recommandé pour les projets tertiaires, ERP et tout chantier avec contraintes esthétiques fortes. La clause type : "Avant lancement de la production série, le titulaire devra présenter au maître d'œuvre un prototype taille réelle d'une menuiserie représentative du projet, pour validation esthétique, dimensionnelle et fonctionnelle. Les frais relatifs au prototype sont à la charge du présent lot."
Une description fonctionnelle se concentre sur les performances et fonctions attendues plutôt que sur les caractéristiques techniques imposées. Par exemple, au lieu d'écrire "fenêtre en alliage 6060 avec RPT 32 mm", on peut écrire "fenêtre devant garantir Uw ≤ 1,3 W/m².K, Rw + Ctr ≥ 36 dB, classement AEV A*4 E*7B V*A2, durabilité 30 ans en environnement urbain continental". Cette approche ouvre le marché à toutes les solutions techniques répondant à l'objectif et favorise l'innovation. Elle nécessite cependant des performances chiffrées, vérifiables et opposables. La meilleure pratique combine les deux approches : description fonctionnelle pour les performances, description prescriptive pour les éléments esthétiques (teinte RAL, modulations).
Il n'existe pas de longueur idéale unique, mais des fourchettes adaptées à la complexité du projet. Pour un logement collectif R+4 standard, comptez 25 à 40 pages. Pour un bâtiment tertiaire R+6 avec mur-rideau, 50 à 80 pages. Pour un IGH ou un ERP complexe, 100 pages et plus. Le CCTP doit être suffisamment détaillé pour ne laisser aucune ambiguïté technique, mais éviter les redites entre chapitres et les paragraphes purement descriptifs sans valeur opposable. La qualité prime sur la quantité : un CCTP de 30 pages bien structuré vaut mieux qu'un CCTP de 80 pages confus. Évitez les "copier-coller" de CCTP antérieurs sans relecture, sources fréquentes d'incohérences.
Conclusion
Un CCTP de menuiseries aluminium performant n'est pas un document standard à reproduire mécaniquement. C'est un outil de pilotage projet qui sécurise la qualité, la traçabilité, la responsabilité décennale et la mise en concurrence équitable. Le passage à la RE2020, l'évolution des normes produit et la complexité croissante des systèmes (murs-rideaux unitisés, ouvrants cachés, BSO motorisés, aluminium bas carbone) imposent une rigueur rédactionnelle accrue.
Pour bâtir des CCTP performants, retenez ces 8 bonnes pratiques :
✅ Citez les DTU et normes par leur indice et date ("dans leur édition en vigueur à la date de signature")
✅ Prescrivez les performances par baie ou typologie, pas en valeur moyenne
✅ Définissez clairement les limites de prestation avec les autres corps d'état
✅ Utilisez "ou équivalent technique" avec 3 à 4 gammes commerciales citées
✅ Exigez les FDES vérifiées INIES pour la RE2020
✅ Imposez un prototype taille réelle pour les projets tertiaires et ERP
✅ Listez précisément les documents à fournir en phase exécution
Fabricant indépendant de menuiseries aluminium depuis 1956, Denis Plast'Alu accompagne les architectes, économistes de la construction et maîtres d'ouvrage dans la rédaction et la relecture de leurs CCTP. Notre lecture quotidienne de dossiers de consultation publique en Hauts-de-France, Île-de-France et Seine-Maritime nous permet d'identifier en amont les incohérences techniques, les sur-spécifications coûteuses et les omissions à risque.