L'aluminium n'a pas une empreinte carbone unique. Elle varie fortement selon le mode de production du métal, ce qui explique des écarts considérables entre deux profilés aluminium qui semblent, en apparence, identiques.
L'aluminium primaire : un procédé énergivore
L'aluminium primaire est obtenu par électrolyse de l'alumine (procédé Hall-Héroult), une étape extrêmement consommatrice d'électricité. Lorsque cette électricité provient d'un mix fortement carboné (centrales au charbon notamment, encore répandues dans certains bassins de production mondiaux), l'empreinte carbone du métal produit est très élevée, de l'ordre de plusieurs dizaines de kilogrammes de CO2 équivalent par kilogramme d'aluminium selon les sites. C'est le principal facteur d'écart entre deux origines d'approvisionnement.
L'aluminium primaire bas carbone : le rôle de l'électricité décarbonée
Lorsque l'électrolyse est alimentée par une énergie décarbonée (hydroélectricité notamment), l'empreinte du métal chute fortement. Des producteurs comme Hydro communiquent ainsi sur un aluminium primaire bas carbone certifié en dessous de 4 kg CO2e par kilogramme, contre une moyenne européenne de référence de l'ordre de 6,7 kg CO2e par kilogramme pour de l'aluminium primaire standard.
L'aluminium recyclé : l'écart le plus significatif
La refusion d'aluminium déjà produit ne nécessite pas de nouvelle électrolyse : elle consomme, selon les données généralement admises dans la filière, une fraction seulement de l'énergie requise pour produire du métal primaire. Des gammes comme Hydro CIRCAL 75R, composées d'un minimum de 75 % de déchets d'aluminium post-consommation, affichent une empreinte de l'ordre de 1,9 kg CO2e par kilogramme, tandis que les références les plus poussées (proches de 100 % de matière recyclée) descendent sous 0,5 kg CO2e par kilogramme dans les meilleurs cas communiqués par les producteurs.
Des ordres de grandeur, pas une règle universelle
Ces valeurs, publiées par les producteurs, doivent être considérées comme des ordres de grandeur de marché et non comme une donnée applicable telle quelle à toute gamme de menuiserie. Seule la FDES individuelle du produit réellement prescrit permet de connaître l'empreinte carbone exacte de la fenêtre, de la porte-fenêtre ou du mur-rideau livré sur votre chantier. Notre article sur le recyclage de l'aluminium détaille le fonctionnement de cette boucle matière, et notre article sur la technique de l'aluminium revient sur les procédés de production du métal.
| Origine de l'aluminium |
Procédé |
Empreinte carbone indicative |
Usage typique en menuiserie |
| Primaire standard (mix électrique carboné) |
Électrolyse Hall-Héroult, alumine primaire |
Élevée, plusieurs dizaines de kg CO2e/kg selon le mix électrique du site |
Profilés d'entrée de gamme non tracés, à éviter en logique bas carbone |
| Primaire bas carbone (électricité décarbonée) |
Électrolyse alimentée en hydroélectricité ou renouvelable certifié |
De l'ordre de 4 kg CO2e/kg (moyenne UE standard ≈6,7 kg CO2e/kg) |
Gammes « low carbon » des grands profileurs |
| Recyclé post-consommation (type CIRCAL 75R) |
Refusion de déchets aluminium, sans nouvelle électrolyse |
De l'ordre de 1,9 kg CO2e/kg |
Gammes bas carbone actuelles du marché |
| Recyclé à très haute teneur (proche 100 %) |
Refusion quasi intégrale de chutes et produits en fin de vie |
Sous 0,5 kg CO2e/kg dans les meilleures références |
Références les plus exigeantes en ACV bas carbone |
Valeurs indicatives communiquées publiquement par des producteurs d'aluminium (Hydro notamment) à titre d'ordre de grandeur de marché. Elles ne remplacent pas la FDES individuelle du produit réellement prescrit, seule donnée opposable dans un calcul RE2020.