Mur-rideau aluminium : prix au m2, systèmes et prescription architecte

Guide expert mur-rideau aluminium : fourchettes de prix au m², systèmes techniques et clauses CCTP prêtes à l'emploi pour MOA.

Mur-rideau aluminium : prix au m2, systèmes et prescription architecte

Le mur-rideau aluminium est aujourd'hui la solution privilégiée pour habiller les façades de bâtiments tertiaires, ERP et logements collectifs haut de gamme. Derrière ce terme générique se cachent pourtant des systèmes techniques très différents (VEC, VEP, VEA, grille, cadre), des fourchettes de prix qui varient du simple au triple selon la prescription, et un corpus normatif exigeant piloté par le NF DTU 33.1 et la norme NF EN 13830. Ce guide vous détaille les prix au m² pratiqués en 2026, les principaux systèmes du marché, les performances à exiger en CCTP et les pièges à éviter en phase de prescription.

Pour une introduction générale au principe du mur-rideau, vous pouvez consulter notre guide complet sur le mur-rideau. Le présent article approfondit les prix au m², les systèmes techniques précis et la prescription architecte.

Sommaire

Qu'est-ce qu'un mur-rideau aluminium ?

Un mur-rideau aluminium est une façade légère non porteuse, fixée à l'extérieur de la structure du bâtiment et constituée d'une ossature en profilés d'aluminium recevant des remplissages vitrés et/ou opaques. Il s'agit d'une enveloppe technique normalisée, distincte des fenêtres, des semi-rideaux et des façades panneaux.

Définition normative selon NF EN 13830

La norme produit NF EN 13830 définit le mur-rideau comme une façade dont les éléments structurels verticaux et horizontaux sont reliés entre eux, ancrés à la structure principale du bâtiment et formant une enveloppe légère assurant les fonctions usuelles d'une façade extérieure (étanchéité à l'air, à l'eau, résistance au vent, isolation thermique et acoustique). Cette norme constitue le référentiel CE obligatoire pour la mise sur le marché d'un mur-rideau en France et en Europe.

Le NF EN 13830 distingue clairement le mur-rideau des autres typologies de façade légère, ce qui a des conséquences directes sur les essais à réaliser et les performances à déclarer.

Mur-rideau, semi-rideau ou façade panneaux : ne pas confondre

La confusion est fréquente, y compris dans certaines pièces écrites de marchés publics. Voici les distinctions essentielles :

  • Mur-rideau : façade continue traversant plusieurs niveaux, sans interruption au droit des planchers. Relève du NF DTU 33.1 et de la NF EN 13830.
  • Semi-rideau : façade interrompue à chaque plancher, partiellement encastrée dans le gros œuvre. Relève également du NF DTU 33.1.
  • Façade panneaux : panneaux préfabriqués indépendants, fixés mécaniquement à la structure, sans continuité verticale.
  • Châssis en bande : ensembles de fenêtres juxtaposées fixés sur au moins deux côtés à la structure. Relève de la norme NF EN 14351-1 (norme fenêtre), et non du NF DTU 33.1.

Cette distinction est cruciale : un châssis en bande prescrit comme "mur-rideau" expose l'architecte et le maître d'ouvrage à des incohérences réglementaires sur les classements à exiger.

Composants d'une façade rideau

Une façade rideau aluminium est composée de quatre familles d'éléments :

  • Ossature primaire : montants verticaux et traverses horizontales en profilés d'aluminium extrudé, à rupture de pont thermique
  • Ossature secondaire : cadres porte-vitrages, ouvrants intégrés
  • Remplissages : vitrages isolants (zones transparentes) et panneaux opaques (zones spandrels au droit des planchers et faux-plafonds)
  • Accroches : pinces d'ancrage en acier galvanisé ou inox, transmettant les charges (poids propre, vent, sismiques) de la façade vers la structure principale

Les profilés sont produits par extrusion à partir d'alliages d'aluminium de la série 6000 (typiquement 6060 ou 6063). Pour aller plus loin sur le procédé de fabrication, consultez notre article dédié à la technique de l'aluminium en menuiserie.

Les systèmes techniques : grille, cadre, modulaire

Le choix du système structurel conditionne le coût, le délai de pose, la qualité d'étanchéité finale et la hauteur de bâtiment exploitable. Trois grandes familles cohabitent sur le marché français.

Mur-rideau de type grille (stick system)

Le système grille est assemblé sur site : les montants verticaux sont d'abord fixés à la structure du bâtiment, puis les traverses horizontales viennent s'emboîter entre les montants. Les remplissages (vitrages et panneaux) sont ensuite posés un à un depuis l'extérieur, généralement à l'aide d'une nacelle ou d'un échafaudage.

  • Coût d'achat plus faible (peu d'industrialisation)
  • Flexibilité dimensionnelle sur site
  • Adapté aux bâtiments de faible à moyenne hauteur (R+1 à R+8 typiquement)
  • Délai de pose plus long
  • Qualité d'étanchéité dépendante de la météo et du soin de pose
  • Tolérance de flèche de plancher limitée à ±2 mm selon le NF DTU 33.1

Mur-rideau de type cadre (unitised / modulaire)

Le système cadre ou unitisé est entièrement fabriqué et assemblé en atelier sous forme de modules autoportants de 2 à 3,50 m de hauteur (correspondant à une trame d'étage). Chaque module intègre l'ossature, les remplissages, les joints, voire la protection solaire. Les modules sont ensuite levés et fixés à la structure du bâtiment via des accroches haute (fixe, reprenant les charges verticales) et basse (à jeu, permettant la dilatation).

  • Qualité atelier (étanchéité contrôlée hors site)
  • Délai de pose très court (jusqu'à 50 m²/jour/équipe)
  • Adapté aux IGH et immeubles tertiaires de grande hauteur
  • Tolérance de flèche de plancher portée à ±5 mm selon le NF DTU 33.1
  • Coût d'achat plus élevé (industrialisation, transport, levage)
  • Moins de flexibilité dimensionnelle une fois les modules fabriqués

Mur-rideau semi-modulaire

Le système semi-modulaire combine les deux approches : une partie de l'assemblage est réalisée en atelier (typiquement les cadres porte-vitrages), le reste est monté sur site (ossature primaire grille). Cette approche hybride offre un compromis intéressant pour les projets tertiaires moyens.

Critère Grille (stick) Cadre (unitisé) Semi-modulaire
Lieu d'assemblage Chantier Atelier Mixte
Vitesse de pose 10–20 m²/j/équipe 30–50 m²/j/équipe 20–35 m²/j/équipe
Qualité étanchéité Variable (sensible météo) Très haute (contrôle atelier) Bonne
Tolérance flèche plancher ±2 mm ±5 mm ±2 à ±5 mm
Hauteur de bâtiment R+1 à R+8 IGH et tertiaire R+10+ R+4 à R+10
Coût relatif €€€ €€

VEC, VEP, VEA : les 3 grandes familles de remplissage

Au-delà du choix du système structurel, le mode de fixation des vitrages détermine l'aspect architectural extérieur de la façade. Trois techniques cohabitent : VEP, VEC et VEA. Le choix engage l'architecte sur la durabilité du joint, la maintenance, et le coût final.

Verre Extérieur Parclosé (VEP)

Le VEP est la solution la plus courante en France. Les vitrages sont maintenus dans les profilés aluminium par des parcloses vissées de l'extérieur, créant un effet visuel de damier ou de cadres marqués. Chaque cadre dispose de sa propre barrière d'étanchéité périphérique à l'air, à l'eau et au vent.

  • Standard, économique, fiable
  • Démontage et remplacement vitrage facilités
  • Permet l'intégration d'ouvrants visibles (français, italien, oscillo-battant)
  • Esthétique "marquée" par la trame des parcloses

Verre Extérieur Collé (VEC)

Le VEC utilise un collage silicone structurel pour fixer le vitrage sur un profilé adaptateur en aluminium, lui-même solidaire de l'ossature. Vue de l'extérieur, la façade présente un aspect entièrement lisse, les volumes verriers étant séparés uniquement par des joints creux fins (15 à 25 mm).

Le VEC est strictement encadré par le Cahier du CSTB n°3488-V2 et l'EAD n°090010-00-0404. La fabrication doit être suivie par un organisme notifié (procédure PASS VEC). En cas d'ouvrants à l'italienne ou pompier (ouvrants cachés), le vitrage est collé sur le cadre ouvrant lui-même.

  • Esthétique haut de gamme (façade lisse, "miroir")
  • Compatible ouvrants cachés
  • Coût supérieur de 15 à 25 % par rapport au VEP
  • Maintenance plus exigeante (durabilité du joint silicone : 25 à 40 ans selon exposition)
  • Anti-dépose obligatoire imposé par le NF DTU 33.1

Verre Extérieur Attaché (VEA)

Le VEA utilise des fixations ponctuelles traversantes (de type "rotule") aux angles des vitrages, qui sont alors directement suspendus à une ossature primaire métallique (souvent en inox). Cette technique offre une transparence maximale avec une trame visuelle quasi inexistante. Le VEA est exclu du champ du NF DTU 33.1 et relève d'Avis Techniques (ATec) ou de Documents Techniques d'Application (DTA) propres à chaque système.

  • Transparence maximale (atriums, halls prestigieux, vitrines)
  • Coût très élevé (souvent 2 à 3 fois un VEP)
  • Hors champ DTU, nécessite ATec spécifique
  • Conception structurale spécifique (vitrages trempés ou trempés-feuilletés, dimensionnement précis)
Critère VEP VEC VEA
Aspect extérieur Trame marquée (parcloses) Façade lisse, joints creux Transparence maximale
Fixation Mécanique (parcloses vissées) Collage silicone structural Fixations ponctuelles traversantes
Ouvrants compatibles Tous types (visible et caché) Caché uniquement (italienne, pompier) Très limité
Cadre normatif principal NF DTU 33.1 NF DTU 33.1 + CSTB 3488-V2 Hors DTU (ATec / DTA)
Surcoût vs VEP Référence +15 à +25 % +100 à +200 %
Durabilité joint 40+ ans 25–40 ans 40+ ans

Pour approfondir la question des ouvrants intégrés au mur-rideau, consultez notre comparatif ouvrant caché vs ouvrant visible.

Prix d'un mur-rideau aluminium au m²

Le prix d'un mur-rideau aluminium est sans doute la donnée la plus difficile à fiabiliser, car il dépend de 8 à 10 variables dont chacune peut faire varier le ratio au m² de 20 % à 50 %. Voici les fourchettes constatées en France en 2026, en fourni-posé hors taxes, pour des projets tertiaires et ERP standard.

Fourchettes de prix 2026 (fourni-posé HT)

Les ordres de grandeur sont les suivants, hors taxes, hors options spécifiques (BSO motorisés, vitrages spéciaux, classements feu, etc.) :

  • Entrée de gamme (mur-rideau grille VEP, vitrage 4/16/4 argon, classement AEV courant) : 450 à 650 €/m²
  • Standard tertiaire (mur-rideau grille ou semi-modulaire, VEP avec ouvrants cachés ou VEC, vitrage 6/16/44.2 argon, Ucw < 1,8) : 650 à 950 €/m²
  • Haut de gamme (mur-rideau unitisé VEC, vitrage de contrôle solaire, BSO intégrés, Ucw < 1,4) : 950 à 1 600 €/m²
  • Façade prestige sur mesure (VEA, vitrages courbes, peau ventilée, RE2020 bas carbone) : 1 600 à 3 000+ €/m²

Les 10 facteurs qui font varier le prix

Les principaux facteurs de variation sont les suivants :

  1. Type de système : grille (entrée de gamme) → unitisé (+30 à +50 %)
  2. Mode de fixation vitrage : VEP (référence) → VEC (+15 à +25 %) → VEA (+100 à +200 %)
  3. Type de vitrage : double vitrage standard → double feuilleté sécurité → triple vitrage → contrôle solaire → coupe-feu (+20 % à +200 %)
  4. Performance thermique exigée (Ucw) : 2,0 → 1,4 → 1,0 W/m².K
  5. Performance acoustique exigée (Rw) : 32 dB → 38 dB → 42 dB
  6. Classement AEV : standard A3 E7B VA2 → renforcé A4 E9A VC5
  7. Type d'ouvrants intégrés : aucun → français → italien → pompier (oscillo-battant)
  8. Finition de l'aluminium : laquage RAL standard → laquage Qualicoat Seaside → anodisation → bicoloration intérieur/extérieur
  9. Accessibilité du chantier : façade en pignon accessible → IGH avec contraintes de levage
  10. Volume : sous 200 m² (forte majoration) → 200 à 1 000 m² (référence) → 1 000+ m² (économie d'échelle)

Coût d'installation et coûts annexes

Au-delà du prix au m² fourni-posé, l'architecte et le maître d'ouvrage doivent intégrer plusieurs coûts annexes souvent sous-estimés :

  • Études d'exécution (plans d'atelier, calepinage) : 2 à 5 % du marché
  • Calculs thermiques certifiés CSTB (notamment pour exigence Ucw garantie) : 1 500 à 5 000 € forfait
  • Essais AEV en laboratoire (pour projets >1 000 m² ou exigences spécifiques) : 8 000 à 15 000 €
  • Échafaudage ou nacelle : 25 à 60 €/m² selon hauteur et durée
  • Coordination interfaces avec gros œuvre, étanchéité, électricité (motorisation BSO), faux-plafonds

Pour anticiper ces interfaces complexes, consultez notre guide sur l'interaction avec les autres corps d'état.

Gamme Configuration type Prix m² fourni-posé HT Usage recommandé
Entrée de gamme Grille VEP, 4/16/4 argon, Ucw 2,0 450 – 650 €/m² Logement collectif, bureaux courants
Standard tertiaire Grille/semi-mod. VEP ou VEC, 6/16/44.2, Ucw 1,4–1,8 650 – 950 €/m² Bureaux, ERP, collectivités
Haut de gamme Unitisé VEC, contrôle solaire, BSO, Ucw 1,0–1,4 950 – 1 600 €/m² Tertiaire premium, sièges sociaux
Prestige sur mesure VEA, vitrages courbes, peau ventilée 1 600 – 3 000+ €/m² IGH, halls signature, monuments

Performances techniques à exiger (CCTP)

Un mur-rideau est un produit réglementé, dont les performances doivent être déclarées sous marquage CE selon la NF EN 13830. La prescription architecte doit cibler 5 familles de performances.

Le classement AEV selon NF EN 13830

Le classement AEV (Air, Eau, Vent) est l'indicateur fondamental d'un mur-rideau. Il qualifie l'étanchéité à l'air, l'étanchéité à l'eau et la résistance à la pression du vent. Les essais sont réalisés selon les normes NF EN 12152 (air), NF EN 12154 (eau) et NF EN 12179 (vent).

  • Air : classes A1 à A4 (étanchéité croissante, exprimée en m³/h.m² sous pression donnée)
  • Eau : classes ERE / E1 à E*9 + lettres A (essai statique) ou B (essai dynamique simulant vent + pluie)
  • Vent : classes VA1 à VC5 (pression d'essai à l'État Limite de Service croissante)

Pour un bâtiment tertiaire courant en zone urbaine continentale, on cible typiquement A3 E7A V*B3 minimum. Pour un bâtiment en exposition côtière ou de grande hauteur, A4 E9A V*C5 est recommandé.

Performance thermique : Ucw, Uw, Ug

La performance thermique du mur-rideau s'exprime via plusieurs coefficients distincts, qu'il ne faut pas confondre :

  • Ucw (Curtain Wall) : coefficient global du mur-rideau complet, intégrant ossature + remplissages + ponts thermiques d'accroche. C'est la donnée pertinente pour un mur-rideau (et non Uw qui est réservé aux fenêtres).
  • Uf : coefficient de l'ossature aluminium seule
  • Ug : coefficient du vitrage seul
  • Uw : coefficient global d'une fenêtre intégrée (non du mur-rideau lui-même)

Le Ucw doit être calculé selon la NF EN ISO 12631 et idéalement validé par un avis CSTB. Les valeurs cibles 2026 sont :

  • RT2012 / minimum bâtiment courant : Ucw ≤ 2,1 W/m².K
  • RE2020 logement / bureau : Ucw ≤ 1,8 W/m².K
  • Performance renforcée (bas carbone, label BEPOS) : Ucw ≤ 1,4 W/m².K

Pour approfondir le sujet, consultez notre article dédié à la performance thermique en menuiserie.

Performance acoustique Rw

L'indice d'affaiblissement acoustique Rw (en dB) qualifie la capacité de la façade à réduire la transmission sonore. Pour un mur-rideau, Rw dépend essentiellement de la composition du vitrage (épaisseur, asymétrie, intercalaires acoustiques). Pour aller plus loin sur le choix des vitrages, consultez notre guide sur la composition des vitrages ERP.

Valeurs cibles selon environnement :

  • Bâtiment en zone calme : Rw ≥ 32 dB
  • Bâtiment tertiaire urbain : Rw ≥ 36 dB
  • Bâtiment à proximité d'infrastructure bruyante (boulevard, voie ferrée) : Rw ≥ 40 dB
  • Bâtiment à forte exigence (auditorium, hôpital) : Rw ≥ 42 dB voire 45 dB

Sécurité et résistance aux chocs

La résistance aux chocs d'un mur-rideau est qualifiée selon NF EN 14019, qui définit 5 classes de chocs (I0 à I5) pour chocs intérieurs et extérieurs. Les classes de chocs intérieurs sont cruciales en ERP (risque de heurt par les usagers). Pour les bâtiments exposés à un risque d'effraction, le mur-rideau doit également être conforme à la série NF EN 1627 (classes CR1 à CR6) — voir notre article sur la menuiserie anti-effraction.

Performance feu et coupe-feu

Les exigences feu d'un mur-rideau dépendent du type de bâtiment (ERP, habitation, IGH) et de sa position en façade. Les classements à connaître :

  • Réaction au feu : Euroclasses (A1, A2, B, C...) selon NF EN 13501-1
  • Résistance au feu : EI 30, EI 60, EI 120 selon NF EN 13501-2 (allèges spandrels notamment)
  • Propagation feu en façade : règle C+D (arrêté du 31 janvier 1986 modifié)

Notre article menuiserie feu détaille les classements feu applicables aux menuiseries aluminium.

Type de bâtiment AEV minimum Ucw cible Rw cible
Logement collectif R+4 zone urbaine A*3 E*7A V*B3 ≤ 1,8 W/m².K ≥ 32 dB
Bureaux tertiaire R+6 A*3 E*7B V*B3 ≤ 1,6 W/m².K ≥ 36 dB
ERP à forte fréquentation A*4 E*7B V*B3 ≤ 1,5 W/m².K ≥ 38 dB
IGH / grande hauteur exposée A*4 E*9A V*C5 ≤ 1,4 W/m².K ≥ 40 dB
Bâtiment côtier (Picardie, Côte d'Opale) A*4 E*9A V*C5 ≤ 1,6 W/m².K + laquage Qualicoat Seaside

Cadre normatif : NF DTU 33.1 et textes associés

La conception et la mise en œuvre d'un mur-rideau aluminium en France s'inscrivent dans un cadre normatif structuré autour du NF DTU 33.1, qui est la référence opposable en cas de litige.

Champ d'application du NF DTU 33.1

Le NF DTU 33.1 (édition mai 2008, mise à jour par amendements) s'applique aux façades rideaux et semi-rideaux de bâtiments d'usage courant (logement, enseignement, bureaux, hôpitaux), mises en œuvre dans des conditions d'exposition pour lesquelles la pression à l'État Limite de Service est inférieure ou égale à 1 200 Pa (au-delà, justifications spécifiques selon NF EN 13830).

Le DTU est structuré en trois parties :

  • Partie 1-1 : Cahier des Clauses Techniques Types (CCT)
  • Partie 1-2 : Critères Généraux de choix des Matériaux (CGM)
  • Partie 2 : Cahier des Clauses Spéciales (CCS)

Le DTU ne s'applique pas aux façades à ossature bois ou plastique, aux bardages, ni aux VEA (qui relèvent d'ATec spécifiques).

Tolérances de gros œuvre et flèches de plancher

Un point critique souvent négligé en phase APD : le NF DTU 33.1 impose des tolérances de gros œuvre strictes et des limites de flèche de plancher :

  • Façade grille : flèche de plancher après pose de la façade limitée à ±2 mm
  • Façade cadre : flèche de plancher limitée à ±5 mm

Ces valeurs doivent être communiquées par le BE structure dès la phase PRO et figurer dans le CCTP du lot gros œuvre. Le non-respect entraîne des contraintes parasites sur l'ossature aluminium, des risques de casse de vitrage et des contentieux importants.

Avis Techniques et Documents Techniques d'Application

Chaque système de mur-rideau commercialisé par un gammiste fait l'objet d'un Avis Technique (ATec) ou Document Technique d'Application (DTA) délivré par le CSTB. Ces documents précisent le domaine d'emploi, les performances déclarées, les justifications de calcul et les conditions de mise en œuvre spécifiques au système.

À exiger en CCTP : la fourniture par l'entreprise titulaire de l'ATec ou du DTA en cours de validité, ainsi que la note de calcul vent et thermique propre au projet.

Marquage CE et déclaration de performance

En application du Règlement (UE) n°305/2011 (Règlement Produits de Construction, RPC), tout mur-rideau mis sur le marché européen doit faire l'objet d'une Déclaration de Performance (DdP) établie par le fabricant et porter le marquage CE selon la NF EN 13830. Le CCTP doit exiger la fourniture de la DdP en phase exécution.

Prescription architecte : rédiger un CCTP performant

La qualité d'un mur-rideau livré dépend à 80 % de la qualité de sa prescription en phase Études (APD, PRO, DCE). Voici les bonnes pratiques d'un CCTP rigoureux.

Les 6 informations indispensables à fournir au menuisier

Avant de consulter une entreprise de mur-rideau, l'architecte doit fournir :

  • Plans de façade au 1/50 minimum, idéalement au 1/20 sur les détails sensibles
  • Coupes verticales au droit des planchers (interface gros œuvre)
  • Données climatiques : zone de vent NV65 ou Eurocode, altitude, exposition
  • Tolérances de gros œuvre validées par le BE structure
  • Exigences de performances : AEV, Ucw, Rw, classements feu, sécurité
  • Calepinage souhaité et contraintes architecturales (largeur de trame, alignements)

Modèle de clause CCTP pour un mur-rideau VEP

Mur-rideau de type grille en aluminium de 52 mm de face visible montants / traverses intérieurs, type VEP, avec ouvrants à rupture de pont thermique (français, italien ou oscillo-battant selon plans). Système de gamme [GEODE MX52 Technal / WICTEC 50 Wicona / FW50+ Schüco / CW50 Reynaers] ou de qualité et technicité strictement équivalentes. Mise en œuvre conforme au NF DTU 33.1. Profilés en alliage d'aluminium 6060 ou 6063 à rupture de pont thermique polyamide ≥ 24 mm. Traitement de surface par laquage Qualicoat classe 2 teinte RAL au choix de l'architecte ou par anodisation Qualanod classe 20 µm. Remplissage double vitrage CEKAL de composition 6/16/44.2 argon faible émissivité. Performance thermique : Ucw ≤ 1,6 W/m².K, justifié par note de calcul selon NF EN ISO 12631 validée CSTB. Classement AEV : A4 E7B V*B3 minimum selon NF EN 13830. Performance acoustique : Rw + Ctr ≥ 36 dB. Résistance aux chocs : NF EN 14019 classe I3 intérieur / I5 extérieur. Fourniture de la Déclaration de Performance (DdP) et de l'Avis Technique CSTB en vigueur.

Modèle de clause CCTP pour un mur-rideau VEC

Mur-rideau de type unitisé en aluminium VEC (Verre Extérieur Collé), face visible joint creux ≤ 20 mm. Système de gamme [TENTAL VEC FZ65 / WICTEC EL evo VEC / FWS 50 SG Schüco / Element 5.0 Wicona] ou équivalent. Collage silicone structural conforme au Cahier du CSTB n°3488-V2 et à l'EAD 090010-00-0404, suivi par organisme notifié (PASS VEC). Mise en œuvre conforme au NF DTU 33.1. Ouvrants intégrés type italien ou pompier à ouvrant caché uniquement. Dispositif anti-dépose imposé sur l'ensemble des remplissages. Performance thermique : Ucw ≤ 1,4 W/m².K. Classement AEV : A4 E9A V*C5 selon NF EN 13830. Performance acoustique : Rw ≥ 40 dB. Fourniture de la DdP, de l'ATec ou DTA en vigueur et de la note de calcul vent spécifique au projet.

Pièges à éviter dans la prescription

Les erreurs les plus fréquentes constatées en phase DCE sont les suivantes :

  • ❌ Confondre Ucw et Uw dans le CCTP
  • ❌ Prescrire un mur-rideau VEA sans préciser qu'il est hors champ DTU 33.1
  • ❌ Omettre les tolérances de gros œuvre (flèche plancher 2 mm/5 mm)
  • ❌ Exiger un classement AEV incohérent avec la zone de vent
  • ❌ Confondre mur-rideau et châssis en bande (norme produit différente)
  • ❌ Ne pas exiger la Déclaration de Performance (marquage CE)
  • ❌ Oublier la prescription Qualicoat Seaside en zone côtière (corrosion saline)
  • ❌ Sous-dimensionner les interfaces gros œuvre (réservations, calfeutrements, étanchéité)

Principaux gammistes du marché français

Le marché français du mur-rideau est dominé par une dizaine de gammistes, chacun proposant des systèmes ATec/DTA spécifiques. La prescription "ou techniquement équivalent" est obligatoire en marché public.

Technal et Wicona (Hydro Building Systems)

Filiale du groupe norvégien Hydro, Hydro Building Systems commercialise deux marques complémentaires en France :

  • Technal : gammes GEODE MX52, GEODE MX62 (VEP et VEC), TENTAL FZ65 (VEC haut de gamme). Disponible en alliage CIRCAL 75R (75 % d'aluminium recyclé, 2,3 kg CO₂e/kg).
  • Wicona : gammes WICTEC 50, WICTEC 60 (VEP et VEC), WICTEC EL evo (unitisé). Disponible en alliage HYDRO CIRCAL 75R.

Schüco

Gammiste allemand de référence, Schüco propose les gammes FW50+ et FW60+ (VEP et VEC), ainsi que FWS 50 SG pour le collage structural. Pour l'unitisé, la gamme AOC 60 ST est très utilisée sur l'IGH.

Reynaers

Gammiste belge, Reynaers propose les gammes CW50 (VEP), CW86 (haute performance thermique) et ElementFaçade (unitisé).

Kawneer

Filiale du groupe Arconic, Kawneer propose les gammes AA110 et AA130 pour le mur-rideau grille, et AA265-T pour le unitisé.

Cortizo, Sapa, Installux, Sepalumic

D'autres gammistes complètent le marché : Cortizo (espagnol, gamme TP-52), Sapa (gamme Avantis), Installux (gammes françaises), Sepalumic (gammes françaises pour ERP courant).

Pour aller plus loin sur l'aluminium bas carbone et le recyclage, consultez notre article recyclage de l'aluminium en menuiserie.

Gammiste Gamme phare grille VEP Gamme phare VEC / unitisé Offre bas carbone
Technal GEODE MX52 / MX62 TENTAL FZ65 CIRCAL 75R
Wicona WICTEC 50 / 60 WICTEC EL evo HYDRO CIRCAL 75R
Schüco FW50+ / FW60+ FWS 50 SG / AOC 60 ST Schüco Low Carbon
Reynaers CW50 / CW86 ElementFaçade Reynaers Renew
Kawneer AA110 / AA130 AA265-T EcoLution
Cortizo TP-52 ST-52 Selon référence

FAQ - Mur-rideau aluminium

Conclusion

Le mur-rideau aluminium est une réponse architecturale et technique de premier plan pour les bâtiments tertiaires, ERP et logements collectifs ambitieux. Sa réussite repose sur une prescription rigoureuse, une connaissance précise des systèmes (VEC, VEP, VEA, grille, cadre) et un cadrage normatif maîtrisé via le NF DTU 33.1 et la NF EN 13830.

Pour réussir votre projet de mur-rideau, retenez ces 6 recommandations pratiques :

  • Définissez le système (grille, semi-modulaire, unitisé) dès la phase APD selon hauteur et planning
  • Choisissez le mode de fixation (VEP, VEC, VEA) selon l'ambition esthétique et le budget
  • Prescrivez le bon coefficient thermique : Ucw (et non Uw) avec note de calcul validée CSTB
  • Calibrez le classement AEV sur la zone de vent et l'exposition réelle du bâtiment
  • Communiquez les tolérances de flèche de plancher au BE structure (±2 mm grille / ±5 mm cadre)
  • Exigez la Déclaration de Performance, l'ATec ou le DTA en vigueur en phase exécution

Fabricant indépendant de menuiseries aluminium depuis 1956, Denis Plast'Alu conçoit, fabrique et pose des murs-rideaux aluminium pour des projets tertiaires et publics en Hauts-de-France, Île-de-France et Seine-Maritime. Notre expertise couvre l'ensemble des systèmes des principaux gammistes du marché (Technal, Wicona, Schüco, Reynaers, Kawneer).

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Sources utiles

Liens externes de référence :

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